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Sécurité de l’IA

Shadow AI : inventorier les usages et protéger les données

Construisez un inventaire du Shadow AI, distinguez usages observés et accès vérifiés, puis testez les contrôles sur les prompts et fichiers sensibles.

À retenir

Le Shadow AI, ou Shadow IA, désigne les usages professionnels d’outils d’intelligence artificielle qui échappent au processus d’approbation de l’organisation. Pour les encadrer, identifiez les outils, les données nécessaires et les interactions réellement couvertes. Ce guide propose une structure d’inventaire et une checklist de validation.

1. Examinez l’usage autant que l’outil

Rédiger une annonce publique avec un compte personnel, envoyer un tableau de clients à un assistant non approuvé et connecter un agent IA à un espace documentaire appellent des décisions différentes. Le nom du fournisseur ne suffit pas à déterminer si le compte, les informations ou les permissions conviennent à cet usage.

Demandez d’abord ce que le collaborateur cherche à accomplir. Notez l’application, son responsable métier, le contexte de compte, les données concernées et les outils connectés. L’ANSSI aborde la sécurité de l’IA générative jusqu’au déploiement et à l’utilisation. Appliquez cette perspective en réexaminant un usage lorsque ses données ou ses permissions changent.

Références : ANSSI — Recommandations de sécurité pour un système d’IA générative

2. Construisez un inventaire étayé

Croisez les applications connectées, les autorisations OAuth pertinentes, les observations navigateur et les informations fournies par les collaborateurs. Conservez la source et la date de chaque constat. Une visite observée ne prouve ni l’existence d’un compte, ni l’achat d’un abonnement, ni l’envoi de données sensibles.

Utilisez les champs ci-dessous dans votre inventaire. Laissez les informations inconnues visibles et désignez une personne pour les vérifier. Un inventaire limité, dont les éléments sont vérifiables, aide davantage à décider qu’une liste complétée par des suppositions.

2. Construisez un inventaire étayé
ChampInformations à conserverDécision à éclairer
Outil et finalitéApplication, tâche professionnelle, responsable métierLe besoin est-il justifié ?
Éléments observésConnexion, autorisation, observation ou confirmation ; dateQue sait-on et que faut-il vérifier ?
Contexte du compteProfessionnel, personnel, déconnecté ou inconnuLe compte correspond-il au cadre approuvé ?
Données et permissionsCatégories autorisées et accès connectésQuelles données ou actions sont exposées ?
Politique et couvertureApprobation, responsable de dérogation, contrôles disponiblesQuelle réponse peut-on appliquer ?

3. Adaptez la réponse à l’exposition

Prenons un exemple fictif : une équipe commerciale résume des appels clients avec un assistant non approuvé. Vérifiez le compte, les informations saisies et le besoin métier. Vous pouvez autoriser un compte professionnel évalué pour certaines données, proposer un autre outil ou suspendre cet usage pendant l’examen. Consignez la décision et expliquez le parcours acceptable.

La politique doit préciser les outils, comptes et catégories de données autorisés ainsi que la procédure de dérogation. Distinguez la réputation du fournisseur de votre approbation interne. Le NCSC rappelle aussi que les prompts et journaux sont des actifs à protéger : évitez que l’enquête constitue un nouveau stock de contenus sensibles inutiles.

  • Désignez un responsable capable d’approuver l’usage et de réexaminer une dérogation.
  • Illustrez les données permises et interdites avec des exemples fictifs.
  • Expliquez chaque avertissement ou blocage et la marche à suivre pour un besoin légitime.
  • Documentez les appareils, comptes et interactions qui échappent aux contrôles.

Références : NCSC et partenaires — Développement sécurisé des systèmes d’IA (anglais)

4. Testez le contrôle dans les conditions d’usage

Transformez la politique en quelques vérifications reproductibles. Sur un appareil de test inscrit, soumettez un prompt anodin, un exemple fictif censé déclencher la règle de données sensibles et des fichiers représentatifs pris en charge. Comparez le résultat attendu au résultat observé pour chaque navigateur et contexte de compte couvert.

Testez également un format que le contrôle ne peut pas analyser. Notez s’il est ignoré, décrit par ses métadonnées, signalé ou bloqué par une règle distincte. L’absence d’alerte ne prouve pas que le contenu a été examiné. Conservez la date et la configuration pour vérifier les mêmes scénarios après une modification.

5. Examinez séparément les agents connectés

Lorsqu’un outil peut agir dans des applications connectées, examinez ses permissions en plus des prompts et fichiers. Les recommandations du NCSC sur les agents IA préconisent des accès limités, une responsabilité humaine claire et des moyens de surveiller et contenir les actions. L’approbation d’un chatbot ne doit pas autoriser implicitement la modification de fichiers ou l’envoi de messages.

Ajoutez à l’inventaire les ressources connectées, les actions autorisées, la personne qui approuve les accès et celle qui peut arrêter le processus. Réexaminez ce périmètre à chaque nouvelle connexion. Rattachez cette décision à votre gestion habituelle des accès applicatifs.

Références : NCSC — Adoption prudente des agents IA (anglais)

Comment Elba accompagne cette démarche

Elba ajoute les usages navigateur observés à l’inventaire applicatif et peut indiquer un contexte de compte professionnel, personnel ou déconnecté sur les parcours pris en charge. Des Playbooks configurés peuvent bloquer certains prompts ou envois sensibles. La couverture dépend du navigateur, de l’inscription, de l’interaction et de la configuration ; validez ces conditions.

Les fichiers texte pris en charge fournissent un extrait limité. Les PDF, fichiers Office, la plupart des images et les archives fournissent uniquement des métadonnées ; une analyse incomplète ne bloque pas à elle seule l’envoi. Un contrôle peut transmettre le prompt ou l’extrait au service de classification d’Elba. Les constats enregistrés contiennent classifications, empreintes et métadonnées nécessaires, sans prompts bruts ni contenu des fichiers.

Checklist de revue du Shadow AI

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Questions fréquentes

Tout outil IA non approuvé est-il dangereux ?

Non. L’organisation n’a pas encore établi ses conditions d’utilisation. Examinez la finalité, le compte, les données et les permissions pour choisir une réponse adaptée.

Une observation navigateur prouve-t-elle une fuite de données ?

Non. Elle indique un usage observé. L’existence d’un compte ou l’envoi d’informations demande des éléments supplémentaires. Gardez ces constats distincts dans vos analyses.

Une même politique suffit-elle pour les chatbots et les agents ?

Elle peut définir un cadre commun. Un agent qui accède à des outils ou exécute des actions exige aussi une revue de ses permissions, des responsabilités et des moyens d’arrêt.

Quels indicateurs suivre ?

Suivez la couverture vérifiée de l’inventaire, les approbations en attente, les dérogations à revoir et les résultats des tests. Interprétez les alertes selon le périmètre déployé et les actions réellement menées.

Sources et documentation

Documentation de référence utilisée pour ce guide. Les paramètres et les éditions disponibles évoluent : consultez les sources avant de modifier vos réglages.

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